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"Ce que nous apprenons à faire, nous l'apprenons en le faisant."

Aristote


Comment  réussir les photos de bateaux en bouteille.


036 - Copie

 

Charmian et Jack London à bord du Snark dans l'Atlantique sud en 1907.

 

Quel botelliste ou collectionneur ne s'est pas heurté à la difficulté de photographier des objets en bouteille ? 

Le cauchemar éveillé commence dès la première image : vous voyez un peu de tout sur la bouteille ...  sauf parfois ce qui est à l'intérieur ! 

Après des années de tâtonnements et de résultats peu satisfaisants, j'ai élaboré un peu empiriquement une méthode qui n'est sans doute pas la seule ni la meilleure, mais qui à le mérite de me donner satisfaction et d'être, je le crois, à la portée de tout amateur non expert en prises de vues et l'aide à d'obtenir des résultats capables de valoriser le travail réalisé dans le flacon.

Je n'ai aucune expérience dans l'utilisation d'un appareil numérique compact à objectif intégré. Je ne suis  donc pas en mesure d'aborder les possiblités offertes par ce type de matériel.

 

Principe 

Trois obstacles s'opposent à la clarté de l'image : la petite taille du sujet, le verre qui reflette absolument tout ce qui l'entoure et sa qualité qui déforme plus ou moins l'intérieur. (voir la page " Qu'importe le flacon ? . . . ")

Donc, objectif numéro 1, c'est la cas de le dire : pouvoir photographier en  plan rapproché avec netteté et piqué.

Objectif numéro deux, qui n'est pas le moindre : éliminer ou réduire un maximum de reflets.

En ce qui concerne la troisième difficulté, il n'existe pas de solution autre que la retouche photo pour corriger un image déformée par un verre de médiocre qualité. Lorsque l'on regarde le bateau dans le flacon, en vision binoculaire donc, les yeux convergent sur l'objet intérieur et chacun d'eux passe au travers  du verre à un emplacement différent, ce qui permet au cerveau de faire abstraction des deux visions intermédiaires différentes (sauf bien entendu si la déformation, trop importante, couvre toute la zone regardée). L'objectif, oeil unique, ne permet pas par conséquent cette vision binoculaire et tout défaut présent sur le verre se superpose à l'image. Si l'intérieur présente une construction géométrique rigoureuse telle qu'un gréement de grand voilier, les lignes droites formées par espars et les cordages onduleront ou seront brisées par les accidents de surface du verre. Le navire sera vu sous un filtre déformant qui ne l'avantagera pas.

Remarque : les prises de vues peuvent être réalisées en extérieur : le meilleur résultat s'obtient en juin, un jour ensoleillés, sans nuage, sans vent, vers 14 h, lorsque le soleil est à son zénith, afin d'en réduire le reflet et les ombres, le tout dans un espace assez large et dégagé pour ne pas avoir de reflets d'arbres ou d'immeubles. Mais attention à la rapide et forte montée en température dans la bouteille. Un temps voilé avec couche nuageuse homogène génère moins de reflets, mais aussi moins de lumière. Quant au vent comment faire tenir un fond d'écran  et empêcher les poussières de se déposer... 

Voila qui fait vraiment beaucoup de conditions difficiles à réunir, dur dur...

La prise de vue en "studio" s'impose donc. 

L'un des immenses avantages apportés par la photo numérique réside, dans notre cas, dans la possibilité de multiplier les prises de vues sous différents angles et réglages, tant de l'appareil que de l'éclairage et de l'orientation de la bouteille, puis  de visionner immédiatement la qualité de la photo sans devoir attendre le retour du labo et donc de pouvoir la refaire jusqu'à obtention d'une image satisfaisante,  d'où un gain de temps et d'argent considérable.


Matériel utilisé pour la constitution  du "studio" de prises de vues.

Un mur ou un panneau sur lequel on peut scotcher ou punaiser le fond d'écran.

Une table ou un bureau.

Un jeu de fonds d'écran de différentes couleurs.

Un appareil reflex à objectifs interchangeables (si possible).

Un objectif standard de 50 mm  ou  un zoom 35/75 mm.

Valeurs indiquées pour le format 24 x 36 argentique ou les nouveaux appareils numériques à capteur de même format. Pour l'équivalent au format numérique courant : rapport 1.5 environ, soit entre 18 et 55 mm. Si l'on souhaite prendre des vues partielles en très gros plan, un objectif macro de 50 ou 100 mm. (24 x 36) est préférable. J'ai conservé mes objectifs pour boîtier argentique, je raisonne donc toujours dans ce format.

Un filtre polarisant circulaire.

Un pare-soleil, (à défaut, un papier, voire la main) à utiliser lorsque le spot se situe en avant de l'appareil photo).

Un pied pour l'appareil, un autre de grande hauteur pour l'éclairage.

Un projecteur spot type allogène d'au moins de 500 ou 1000 W, avec ampoule de rechange. 

Un chiffon non pelucheux et du liquide de nettoyage de vitres.

Facultatif :

Un réflecteur orientable pour éclairer les zones d'ombres ou réduire l'ombre portée du flacon.

 

Disposition 

La bouteille à photographier posée sur le fond d'écran au milieu de la table, l'appareil et son pied seront placés en face. 

L'appareil sur pied à un plus ou moins un demi-mètre de la table.

Le projecteur à proximité avec possibilité de le déplacer facilement.


Comme dans toute séance de prise de vues les opérations les plus longues et difficiles à mettre au point restent les recherches des positions respectives du modèle et de l'éclairage.


 

011---Copie-compressee-JPG 

Le "studio" sous lumière du jour + le flash. 

 Un vieil appareil argentique est sur le pied pour les besoins de la photo, le numérique prenant la vue. Tout le nécessaire est présent, jusqu'à l'image finale sur l'écran d'ordinateur. La vue, sur l'écran  à proximité, d'une précédente photo jugée non satisfaisante permet de mieux corriger sur le modèle.


La bouteille 

Cela peut paraître une Lapalissade, mais il est essentiel que l'intérieur soit parfaitement sec pour éviter que le chaleur rayonnée par l'ampoule ne provoque la formation de buée sur l'intérieur du verre. 

Si la prise de vue s'effectue au soleil, penser à l'échauffement rapide de l'intérieur confiné qui se comporte comme une serre et qui peut, outre la formation de buée, déformer certains éléments, sans parler du "grillage" rapide des couleurs les plus fugaces.  

Un truisme : bien nettoyer le flacon avec le chiffon et le liquide à vitres. Le refaire après chaque manipulation pour éliminer les traces de doigts.


Le fond d'écran 

L'arrière plan est essentiel. Il doit absolument être discret et neutre. Sa présence reste incontournable, mais elle doit se réduire strictement à la mise en valeur votre bouteille. Eliminez donc sans état d'âme le papier-peint du salon, la table de la cheminée, la bouteille entre les mains devant votre poitrine vêtue de la chemise à carreaux, même agrémentée d'un sourire radieux. Tant pis pour votre égo, vous voulez montrer votre travail, pas votre intérieur, ni votre modeste personne.  

Sauf... sauf... et en second lieu - "la charrue... après les boeufs" - lorsque vous aurez présenté l'oeuvre achevée sous son meilleur jour. Alors, plus rien ne s'oppose plus à la montrer dans un contexte plus intimiste : l'atelier, qui peut être un simple coin de table ; en cours de travail, lorsque taches, reflets, encombrement de l'environnement ne feront que restituer la phase de réalisation dans son contexte.

Le sujet sera d'autant mieux mis en valeur (et les reflets réduits par là-même) que les détails parasites de l'environnement  arrière seront dissimulés. Il est préférable de disposer d'un jeu de fonds de différentes valeurs et couleurs pour les harmoniser avec celles de la bouteille : blanc, blanc cassé, gris, noir, gris-bleu et plusieurs bleus différents, plus ou moins clairs, figureront des ciels adaptables aux coloris de la bouteille. Certains fonds plasfifiés disponibles dans le commerce, colorés progressivement du blanc à une couleur intense, permettent de créer, par exemple, un effet d'assombrissement du ciel vers le haut.

Les feuilles de papier Canson aux nombreux coloris conviennent parfaitement et sont peu coûteuses, choisir les plus grandes dimensions possibles.

La taille de cet écran mesurera au moins 4 fois la plus grande dimension de la bouteille en largeur et huit fois en hauteur pour disposer de marges suffisantes et pouvoir déplacer l'objectif latéralement et en hauteur sans risquer de voir apparaître les bords du papier sur la prise de vue.

Il sera suspendu par sa largeur ou sa longueur, selon que la bouteille est debout ou couchée, dont une parti plus ou moins importante, toujours pour la même raison,  pendra verticalement sur le mur, le restant se redressera à l'horizontale en une courbe concave douce  (donc d'un rayon assez large), reposera sur la table et se repliera de nouveau vers le bas dans une courbe convexe à l'inverse de la première. Tout ceci afin d'éliminer les plis ou lignes horizontales qui résulteraient de la jonction de plusieurs feuilles disposées verticalement et horizontalement et adoucir les différences de lumière dues au changements de plans. 

 

L'objectif

Si tout objectif de moyenne focale peut faire l'affaire, l'on préférera une focale de l'ordre de 50 mm. (format 24 x 36) qui est proche de l'oeil humain et évite les effets d'accentuations ou d'écrasement de perspective dus aux grands-angles et aux téléobjectifs. J'utilise un objectif macro de 50 mm. soit équivalent approximativement à 75 mm sur mon appareil numérique.

Un zoom, utilisé avec un faible amplitude, permettra, lui, de réduire les déplacements du pied lors des recherches de cadrage, mais il semble quand même préférable de déplacer l'appareil et de garder la même focale.


L'éclairage 

Employer le flash ? évidemment non ! Le flash intégré à l'appareil vous garantit un "énaurme" reflet en plein milieu. Un flash en lieu et place du spot ne vous permet pas de régler votre éclairage ni de visualiser les reflets. 

Un éclairage puissant et l'utilisation de la pose longue permettent aussi de fermer le diaphragme et d'augmenter ainsi la profondeur de champ (la zone où l'image sera nette) qui est d'autant plus courte que l'objectif est près du sujet. 

Selon les couleurs, les zones claires et foncées du sujet, les éléments éventuels de décor qui créent des ombres portées, l'orientation des voiles, l'on aura intérêt à déplacer le projecteur jusqu'à obtenir l'éclairage optimal. Il pourra être droit devant (littéralement au dessus de l'appareil photo), plus ou moins sur l'un ou l'autre coté et plus ou moins entre l'appareil et la bouteille ou derrière. Tout dépend des zones claires ou obscures produites et de l'emplacement des reflets.  S'il est devant l'appareil, penser à utiliser le pare-soleil, une feuille de papier ou tout simplement la main pour éviter les reflets sur l'objectif. Ce travail de recherche par tâtonnements est long et peut sembler parfois fastidieux, mais il est essentiel  et incontournable pour la réussite de la prise de vue.  


013---Copie-compressee-JPG


La même image que plus haut mais en conditions de prise de vues, volet baissé, éclairage artificiel. La position du projecteur, abaissée pour les besoins du cadrage, est normalement plus élevée d'un mètre  à 1.50 m. L'ombre portée sera alors considérablement réduite.


Le gros problème : les reflets 

Les reflets sont nombreux sur le volume oblong du verre et très difficiles à éviter.

1/ Reflet direct de la source lumineuse.

Un seule source d'éclairage ne donne qu'un seul reflet direct, ce qui simplifie considérablement le problème. Reste alors à placer ce reflet dans un lieu où il ne gêne pas l'image de la composition. 

2/ Reflets indirects extérieurs.

 Important : les volets seront fermés ou les rideaux tirés aux moments des réglages de lumière et surtout lors des prises de vues, ou choisir de travailler la nuit. 

En effet menuiseries, rideaux clairs, éléments du décor extérieur risquent d'apparaître à l'état de reflets. Il est déjà assez difficile de se débarrasser des reflets de l'intérieur du studio pour ne pas supprimer de cette façon radicale ceux de l'éclairage naturel extérieur.

3/ Reflets indirects intérieurs.

 Eviter, dans la mesure du possible, vitres, miroirs et surfaces brillantes susceptibles de multiplier les reflets  indirects.  

C'est sur ces derniers que l'utilisation du filtre polarisant circulaire s'avère le plus utile.

Inefficace sur le reflet du spot, bien trop intense, il permet de réduire considérablement la luminosité des reflets des équipements intérieurs du local. Ceux là même qui sont parfois nombreux et dispersés sur le verre. Le filtre, vissé sur l'objectif, est tourné très lentement en regardant bien dans le viseur ce qui se passe sur la bouteille. L'on verra les reflets, ombres et lumières alternées, images), se déplacer, certains disparaisant lorsque d'autres réapparaissent. Il reste à choisir la position où l'on à réduit les reflets les plus voyants ou mal placés  et laissé les moins voyants ou ceux situés dans une zone où ils ne gênent pas. Le filtre ne permet pas de les éliminer tous, loin de là, mais il en réduit la valeur et modifie partiellement leurs emplacements. A vous de choisir le meilleur compromis, l'oeil rivé sur le viseur. L'on pourra essayer déplacer un reflet irréductible en un endroit où il ne gênera pas la visibilité du sujet principal, chercher où il contribuera à donner du relief au flacon.

 En dernière extrémité, un reflet gênant et irréductible sera effacé sur le logiciel de retouches et l'élément qu'il cache reconstitué en effectuant  des copiés-collés. Cet artifice ne constituera pas vraiment un faux dans la mesure où il ne vise qu'à rétablir la réalité de l'objet que la photo ne peut pas rendre.

A propos de viseur, attention, si le projecteur est placé en retrait derrière l'appareil, masquer le viseur reflex au moment du déclenchement afin d'éviter que cette lumière vive qui l'atteint lorsque vous retirez votre oeil, ne risque d'induire une modification du calcul de l'exposition.

L'éclairage de la pièce peut sembler négligeable comparativement à la puissance du spot, il vaut cependant mieux l'éteindre durant les réglages car il génère des reflets supplémentaires différents, moins intenses, mais qui gêneront votre vision durant la réduction des autres reflets. Extinction aussi, bien entendu, lors du déclenchement.

Des essais d'utilisation d'un aérosol pour "mater" la surface du verre se sont avérés totalement inefficaces. Pire : un reflet diffus en forme de halo transforme tout le flacon en une masse blanchâtre à l'image d'un verre dépoli par sablage. Idéal pour simuler un temps de brume : visibilité nulle, il ne manque que la corne pour éviter les collisions.  

 


 

Les réglages. 

 - Lumières, ombres, orientation du sujet, position de l'objectif ...

Selon la configuration de l'objet, de la forme et la disposition de la bouteille, on déplacera la source de lumière de droite à gauche, de façon que les ombres portées ne nuisent pas à la lisibilité.  On peut même éventuellement les utiliser pour donner du relief à l'image. Le spot sera placé généralement le plus haut possible ce qui fera monter le reflet dans le haut du verre où il risquera moins de masquer le bateau, l'espace y étant moins occupé. Il faut aussi tenir compte de l'orientation des voiles afin qu'elles ne se retrouvent pas toutes dans l'ombre portée des unes sur les autres par effet de cascade. Si la bouteille est cylindrique et couchée, l'on aura tout intérêt, dans la majorité des cas à placer le spot du coté du goulot. le reflet se trouvera sur la courbe là où, c'est un petit plus, il mettra ce volume en relief. Placé côté cul, l'ombre portée risque de se projeter de façon désagréable sur le décor intérieur.

Mais rien n'est systématique, ce ne sont là que des tendances générales, à chaque cas particulier ses réglages et des exceptions, comme un éclairage légèrement arrière, à contre jour, qui "allumera" dans certains cas joliment les voiles.

 - Les ombres  

 L'ombre portée  de la bouteille sur le papier de fond est inévitable. Plus le projecteur sera haut, plus elle sera courte. L'on peut essayer de la placer derrière de contenu qui la masquera, à condition que cela soit compatible avec un bon éclairage des objets intérieurs qui dépendent, pour un voilier, de la  valeur claire ou foncée de la coque, de l'orientation des voiles, etc. Le meilleur résultat sera toujours un compromis entre l'ensemble de ces facteurs, en privilégiant tout de même un bon éclairage de l'intérieur. Il sera bien plus facile d'effacer si besoin une ombre disgracieuse sur le fond d'écran que dans le flacon. 

Généralement, je laisse l'ombre portée en place, elle contribue à asseoir le bouteille sur le support.

 

Un réflecteur peut être utilisé pour éclaircir les ombres, mais attention à ne pas créer de reflets supplémentaires. 

 

 - Le cadrage 

Autre facteur important, la hauteur de l'objectif. 

 Placé plutôt bas, la mer ou le sol représenté seront réduits, voire invisibles si l'axe de l'objectif est tangent au niveau de l'eau. De plus, le dessous du cylindre d'une bouteille couchée risque de prendre une importance exagérée.

Placé trop haut, un effet de plongée "vue d'avion", mettra trop en relief la surface de l'eau, celle des ponts  et réduira la vision de la muraille du navire.

Encore une fois, ces considérations ne sont pas à prendre à la lettre, chaque composition est un cas particulier qui mérite, pour un bonne mise en valeur, que l'on prenne le temps de peaufiner les différents réglages et de multiplier les essais.


 - La mise au point
La zone de netteté (la profondeur de champ), devra être au moins égale au diamètre du flacon pour une photo d'ensemble. Selon l'état du fond d'écran, il pourra s'avérer utile qu'elle ne l'atteigne pas s'il présente des défauts : grain trop important, petites salissures, traces, plis etc, seront éliminés par un léger flou. La plupart des appareils contemporains permettent de visualiser cette profondeur, on pourra la régler en jouant sur l'ouverture du diaphragme et la vitesse d'obturation. Concernant les vues de détail (gros plans) de l'intérieur, l'on aura intérêt à l'obtenir le plus grande possible, car elle sera de toute façon d'autant plus courte que l'objectif sera près du verre. Là encore, ouverture du diaphragme, puissance de l'éclairage et vitesse d'obturation sont déterminantes. Seuls de nombreux essais et l'expérience acquise permettent de les régler au mieux possible.

De nombreux appareils permettent de visualiser la profondeur de champ.

Préférer la mise au point manuelle effectuée l'oeil dans le viseur. En effet les capteurs automatiques peuvent se régler sur un objet placé trop en avant ou trop en arrière, voire sur un reflet sur le verre et l'on risque d'être flou sur une partie du sujet, ou encore s'affoler dans le maquis du gréement et ne pas pouvoir se caler. En plan très rapproché, l'objectif auto-focus peut venir buter sur le verre avant d'avoir effectué la mise au point.

Si l'on ne peut pas évaluer la zone de netteté à l'oeil, et si l'objectif en est équipé, l'échelle de profondeur de champ permet de lire les distances de la zone de netteté (calculée depuis la lentille, par exemple ouverture 16 = net de 0.6 à 0.8 m ) qui correspond à l'ouverture choisie. Un mètre à ruban permet de vérifier si l'on a un doute. 

Ces dispositions nécéssitent de choisir de travailler en mode manuel (M), ou à la rigueur en mode priorité à l'ouverture.

On mettra au point sur objet en position intermédiaire : mât, cheminée... ainsi, même avec une faible profondeur de champ, l'on sera net pour reprendre l'exemple pris plus haut : 10 cm devant et 10 cm derrière l'axe du navire. 

Dans le cas de présence d'un décor en arrière plan, en tenir compte. Pour les puristes, un très léger flou du décor d'arrière plan mettra en relief le voilier parfaitement piqué.

 

- La vitesse d'obturation

Elle devient secondaire dès lors que l'appareil  est fixé sur un pied.  Selon l'intensité de l'éclairage et la profondeur de champ souhaitée, le temps de pose peut varier du 1/500e de seconde à plusieurs dizaines de secondes. Mais il faut se méfier des flous de bougé dus aux vibrations internes et à la manipulation du déclencheur - même sur pied - dans les vitesses intermédiaires. La possibilité de relever le rideau au préalable et l'utilisation systématique du retardateur (la prise pour le déclencheur souple à disparu sur mon matériel numérique) permettent de supprimer les flous de bougé .

 

L'image obtenue  (non retouchée)

036 - Copie

 

L'on peut apercevoir l'ombre projetée du flacon et du bouchon sous la bôme de grand voile.
Rendue très courte grace à un projecteur monté à toucher le plafond, elle est en grande partie dissimulée par les voiles. Mais une conséquence en est la plongée dans l'ombre de l'épaisseur du fond de la carafe à vin. Et fait plutôt rare : il n'y a que deux légers reflets sur le verre au niveau de l'eau à droite et à gauche.


Le-Snark---Copie-compressee-jpg
"Le Snark appareille sous voile d'Honolulu en route pour les Marquises."
© Photo et légende : L'Aventure des Mers - Jack london. Éditions Carré Voiles.


Les gros plans et vues de détail.

La limite de grossissement est atteinte lorsque l'objectif touche le verre du flacon. Il ne sera alors pas possible de prendre de détail de plus près, mais la définition des appareils actuels et l'informatique permettent sans difficulté d'agrandir l'image à l'écran puis de la recadrer. L'objectif plaqué sur le verre offre l'avantage d'éliminer tout reflet, mais présente l'inconvénient de réduire les possibilités d'éclairage. A ne pratiquer que pour les très gros plans.
L'objectif macro (ou à défaut la position macro), permet de photographier de très petites bouteilles ou  de réaliser des vues partielles, voire de tout petits détails. L'intérêt vaut surtout pour les démonstrations et les échanges de procédés entre amateurs ou en vue de publications. 
Plus le plan est rapproché, plus le risque de flou de bougé évoqué plus haut est important.

060---Copie-compressee.-copie-1.JPG 

Image prise au plus près possible, le bas de l'objectif touche presque le verre, ouverture 32 ( le plus fermé possible pour une profondeur de champ à peine supérieure à la largeur du navire), vitesse 2 sec, retardateur 10 sec.
La mise au point est réglée là bague tournée à fond et le pied déplacé mm par mm pour obtenir la netteté sur le sextant, haut de 4 mm (volontairement hors d'échelle par rapport au personnage), à taille normale, 2 mm, il serait difficile de reconnaitre un sextant. De la même façon afin de les mettre en "vedettes", Jack et Charmian London sont eux-mêmes un peu hors d'échelle par rapport au voilier.

jack-au-sextan-01---Copie-compressee-jpg.jpg

Jack au "moulin à prières".
© La croisière du Snark.  Collection Ecrits, Éditions Ouest-France. 


Le respect des couleurs 

Si l'appareil le permet, le régler sur le type d'éclairage utilisé.
Il est aussi possible de corriger des écarts trop importants sur le logiciel de retouches.

065---Copie-compressee-JPG
Charmian London à la barre dans le cockpit.

A ce stade d'agrandissement, ingratitude de la technique : l'oeil perçoit, décuplées, toutes les imperfections inhérentes à la petite taille de la réalisation. 


Charmian-london-a-la-barre-du-Snark---Copie-compressee-jpg

"Charmian tient son quart à la barre par bonne houle au fil d'une interminable traversée entre hawaï et les Marquises."
© Photo et légende : L'Aventure des Mers - Jack London. Éditions Carré Voiles.

Avantages du numérique 

Un logiciel de retouches-photos permet d'éliminer les défauts irréductibles et d'améliorer ou corriger le rendu des couleurs, bref, de donner plus de pêche à une image si on le juge utile.

Etant équipé en matériel Canon, reflex, scanner et imprimante, j'utilise tout naturellement le petit logiciel standard de retouches fourni avec ces équipements : Photo Studio Canon, mais tout autre matériel équivalent fera l'affaire. Point n'est besoin d'acquérir  un logiciel très performant et coûteux. Si vous en possédez un, tant mieux, qui peut le plus peut le moins.   

 

Il est impossible de faire l'impasse sur les avantages que le photo numérique a apportés.
Les comparer avec les plaisirs du tirage manuel, par exemple, relève d'une autre approche, celui du ressenti de chacun, comme comparer le son numérique avec le son analogique. En matière d'esthétique, la querelle des anciens et des modernes n'a pas lieu d'être... les goûts et les couleurs ...
Techniquement, et excepté pour les photographes passionnés et légitimement amoureux du réglage manuel et du tirage perso, pour employer une expression mal venue mais très à la mode, "il n'y a pas photo" !
Le premier avantage - incomparable - réside dans la possibilité de pouvoir visionner immédiatement la prise de vue, et donc de pouvoir en corriger tout aussi immédiatement les erreurs et les défauts sans devoir attendre le retour du labo, ni être tributaire de la qualité du développement et du tirage.


Sur cette photo, la presque totalité des reflets ont disparu sans retouches, ce qui est rare.

Moby Dick. Gros plan 7 - Copie

Moby Dick, vue en gros plan de la pomme du grand mât du Pequod.
Objectif Canon 50 mm. macro + filtre polarisant. (image recadrée)

La flamme mesure 30 mm déployée, l'indien, 8 mm de hauteur. L'aigle de mer (une frégate ?) est collé sous la voûte de verre par les ailes.

"Dans l'intervalle, le marteau de Tasthego à la pomme du grand mât - demeura le temps d'un regard - suspendu dans sa main..."   Moby Dick, Herman Melville, traduction de Philippe Jarowski, Edition de la Pleiade.

Selon l'auteur, il semblerait, du moins dans ce cas, que les baleiniers américains ne hissaient pas la flamme à l'aide d'une drisse mais la clouaient (sic) au mât. Licence d'auteur pour les besoins de l'action dramatique ?  L'indien cloue, sur l'ordre express du capitaine Achab, cette flamme pour remplacer celle que l'aigle vient d'arracher. L'instant d'après, ils seront les dernier à disparaître engloutis dans le naufrage express, l'aigle l'aile clouée au bois dans un ultime coup de marteau. Pour satisfaire à la tradition des cap-horniers en bouteille, la pomme du grand mât affleure la voûte de verre.

Le bas de l'objectif touche le verre. La distance minimum de mise au point n'est pas atteinte, sans cet obstacle, le sujet aurait pu être encore approché. Il n'y a aucun reflet excepté dans l'épaisseur de la voûte, parfaitement visible sur le tangente.  


Le cauchemar des flacons sphériques 

La sphère, le globe, la boule, voici le volume le plus difficile à photographier. En effet, sa forme même, pour ce qui est des reflets de surface du verre, rend vaine toute tentative de la déplacer ou de la tourner. Parfaitement symétrique, vous aurez toujours un reflet au même endroit, plus ou moins en plein milieu selon la position du projecteur.

Exemple d'une image perfectible :

Poor Yorick. D'après William Shakespeare.

"Poor Yorick"     Hamlet, d'après William Shakespeare.
Verre Yves Borrel.
Photo argentique de 1989, tirage papier non retouché.

Remarque : l'allongement de la partie horizontale du papier de fond et l'éloignement du flacon de la partie verticale aurait permis de réduire considérablement l'ombre portée du globe et du bouchon qui se trouverait en grande partie dissimulée derrière le personnage et la butte de terre. 

Quelques exemples de retouches :

Sans-titre-Fusion-13---Copie.jpg     
1/ image brute.                    2/ reflet central effacé.      3/ ombre portée effacée.

Ce bragozzo de Chioggia dans un petit flacon de verre ancien de Murano permet de visualiser les corrections que l'on peut apporter à l'image.
L'on peut hésiter entre la "pureté" un peu sèche de l'image retouchée (3) et la meilleure intégration spatiale de l'originale (1), mais le reflet "flashe" trop l'oeil au détriment du voilier. Personnellement, je préfère la version intermédiaire (2).


    Le-Bucentaure-5000--.jpg       100.JPG

Encore un verre de Murano pour ce Bucentaure qui lance son anneau nuptial en or dans l'Adriatique pour célébrer le "Mariage de Venise et de  la Mer".
Les retouches ont ici effacé les reflets et l'ombre portée.
(L'original de la prise de vue retouchée n'ayant pas été sauvegardé, le modèle non retouché est celui d'une autre vue de la même série).


  
Petites tricheries, 
ou, plus pompeusement nommées, 
"Effets spéciaux"

L'exception confirmant toujours le règle, dans certains cas, l'on pourra judicieusement utiliser un reflet extérieur pour ajouter un élément naturel au décor. C'est le cas par exemple des nuages qui, bien placés, le plus souvent par le hasard, agrémenteront le ciel virtuel crée par un fond bleu. 
 Si, à mon avis,  l'éclairage à contre jour des voiles ne constitue pas un artifice mais un simple effet de lumière naturelle possible parmi bien d'autres, le placement d'un reflet sur la lanterne d'un phare pour simuler son allumage en est bien un puisqu'il n'est pas possible de l 'obtenir en dehors de la photo, à moins de ... l'électrifier, mais c'est alors une autre histoire.


Fabienne-Guyon--comedienne.-portrait-jpg


Portrait de Fabienne Guyon, comédienne, avec son chien.
Décor parisien, fond d'écran progressif et reflets de nuages naturels. Vue prise en extérieur.


Un exemple d'effet "artistique" visant à recréer une ambiance "studio de cinéma" pour ce portrait de France Robert, cadreuse de télévision. Le spot placé bas, très gauche et très près, projette une ombre intéressante sur le fond d'écran. La position très à droite de l'appareil en biais par rapport à l'écran crée un éclairage en contre-jour  et fait passer le reflet à l'arrière plan, juste sous le pied droit qui accentuent l'effet  clair-obscur de studio.

France-Robert--cadreur-de-television---Copie-compressee-jpg 
 
France Robert, cadreuse de télévision.
La camera est une Thomson/Angénieux VTCOM HD 1250.




Titanic

Le naufrage du Titanic.
Le fond noir donne l'illusion d'une scène nocturne.


Ces artifices créent cependant des effets trompeurs qui sont intéressants pour eux-mêmes  sur une photo, mais n'en constituent pas moins une tricherie. 

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