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Vu au journal de 13 heures de TF 1


le 19 décembre 2013, 

 

présenté par Jean-Pierre Pernaut :


Un reportage de


Matthieu Dupont et Alexandre Gaudin.


 http://videos.tf1.fr/jt-13h/2013/comment-mettre-un-bateau-en-bouteille-8333400.html

 

Brigitte, cotre de Carantec, 1960.

 

 

 

      Le mardi 26 novembre 2013, je reçois un appel téléphonique de Monsieur Matthieu Dupont, Rédacteur en chef adjoint à TF1 qui souhaite diffuser un reportage pour le Journal de 13 heures sur la mise en bouteille d'un bateau à l'occasion de l'ouverture du Salon Nautique à Paris le 7 décembre.

Rien de plus facile, il est au bon numéro, mais petit problème : je travaille à ce moment sur une reconstitution du port fluvial de Villeneuve-sur-Yonne à la fin de l'ancien régime et je n'ai en préparation qu'un coche d'eau, un marnois, un foncet, un magotat, une besogne et ... un train de bois flotté du Morvan. Rien donc que de la marine d'eau douce qui plus est d'une époque révolue, pas vraiment représentative du Salon Nautique International de Paris. Au salon, on trouve bien sur des fabricants de vedettes fluviales, pénichettes, radeaux pneumatiques et canoës, dont la clientèle - j'en suis à l'occasion - contribue au renouveau du trafic sur les rivières et les canaux d'Europe. Mais le salon est principalement celui de la navigation de plaisance et des loisirs nautiques  - en eau salée - bref, il faut du marin.


Et l'image populaire du bateau en bouteille est celle du Cap-hornier à trois quatre, ou cinq-mâts.


Mais allez donc en réaliser un toutes voiles dehors (c'est essentiel pour le visuel) en moins d'une semaine ! Que d'étais, haubans, balancines, écoutes et autres manœuvres toutes "courantes" ! Je souligne, car il n'y a quasiment pas de gréement dormant sur un bateau en bouteille. Tout doit être mobile, tout doit pouvoir s'affaler, coulisser, pivoter, se redresser ... et que de trous à percer, de perles à enfiler, de nœuds à effectuer, de voiles à découper, à gonfler, à coller pour y parvenir... en moins d'une semaine ! "Sur un trois-mâts barque, le nombre de voiles différentes avec chacune son nom propre était de 22 sans compter les bonnettes et les voiles de beaupré comme la civadière. Le nombre de mâts et d'espars de 15. Le nombre des éléments du gréement, dormant et courant de 57 !" 

Jean-François Deniau, Dictionnaire amoureux de la mer et de l'aventure.


TF1.-JT.-13h.-1.JPGDans l'atelier, le 19 décembre 2013.    © TF 1, capture d'écran. 

 

Après une discussion animée, nous nous mettons d'accord sur un bateau traditionnel des côtes de France, à un seul mât, moins long à confectionner et à "embouteiller", au look simple mais bien représentatif de notre patrimoine maritime.

Je disposais d'une petite carafe soufflée, diamètre 12 cm, hauteur 19 cm. qui répondait aux critères de simplicité et de clarté d'un verre qui ne déforme pas trop, c'est essentiel. Son fond est plat ?  idéal pour une "mer" peu épaisse - moins d'un centimètre - donc plus rapide à sécher. Et j'apprécie la forme circulaire : "La Mer est ronde" (Jean-François Deniau). Donc plus de place pour l'animer et plus d'espace autour du bateau. Restait à trouver un voilier plus haut que long qui s'harmonise au volume du flacon et assez haut sur l'eau pour que sa coque soit bien visible.


 

Je pars donc à la recherche de l'oiseau pas si rare que cela et je trouve rapidement sur internet la Brigitte, un petit cotre breton de Carantec construit en 1960. Cadet de 40 ans du Jouet des flots, le plus ancien des cotres de Carantec encore à flot et auquel il ressemble beaucoup quoiqu'un peu plus petit.  Il avait le mérite de m'éviter de réaliser une nouvelle réplique de son ainé, déjà plusieurs fois mis en bouteille dans les années 80-90. Tous deux naviguent aujourd'hui à la plaisance après avoir longtemps pratiqué la pêche côtière pour laquelle ils ont été construits. Ils sont traditionnels et contemporains, ils relient travail à loisirs, un modèle parfait pour le salon.

 

BIP

©  Martoloded Plouguerne.


Je disposais d'à peine six jours pour le construire prêt à entrer dans la bouteille. Bref, "j'étais charrette" comme on dit dans les ateliers de maquettistes et les bureaux d'études. Sur le pont (l'établi) 10 heures par jour.

D'abord, introduire la mer sous la forme de boulettes et la modeler pour lui laisser un maximum de temps pour sécher : une pâte à modeler à base aqueuse durcissable à l'air, teintée de couleur en poudre. Introduction des boulettes, étalement, modelage du flot en surface. Puis fabrication de la coque creuse en papier à aquarelle et mastic époxy à carrosserie. Cette coque, durcie par imprégnation de colle cyanoacrylate est déposée sur le mastic pour y marquer son empreinte, gîte comprise, et aussitôt ressortie. Mise en peinture de la surface, rides, moustache et sillage, une pompe à air d'aquarium, une durite et cette mer mise de coté sèche sous ventilation forcée.

 

  

TF-1-JT-13.h--2--009.JPG

Perçage d'une coque (qui n'est pas celle de la Brigitte).    © TF 1, capture d'écran. 


Pas le temps de prendre des photos, il faut percer, poncer, peindre, mâter, poulier, voiler, faire les deux pêcheurs, les casiers à langouste, la ligne, les oiseaux. Dernier jour : un coup de vernis acrylique sur l'eau, nouveau séchage de nuit pour être fin prêt et sec, Matthieu Dupont et Alexandre Gaudin arrivent à 11h. 


TF1.-JT.-13h.JPG

Chantier naval, le dégagement des manœuvres, juste avant l'affalement du gréement.  

© TF 1, capture d'écran. 

 

Dur, le tournage, pour moi ! Si l'on croit qu'il est difficile de mettre un bateau dans une bouteille, bon, après 45 ans de pratique, c'est bien plus facile que d'en parler devant une caméra. Il faut tout le talent des gens d'image et de son pour arriver à produire un reportage qui ait masqué mes difficultés à m'exprimer spontanément. Bref, pas très à l'aise le botelliste, sauf  bateau et outils en mains. Et pour comble d'embarras : le pied du mât passe sous le banc, coincé ! Impossible de le relever avec le bateau qui bouge ! Il me faudra attendre de l'avoir collé sur l'eau dans son empreinte pour décoller le banc, relever le mât et recoller le banc. Impossible de le faire en quelques minutes devant la caméra.

 

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Relevage du gréement.    © TF 1, capture d'écran.

  

Et pourtant, à regarder le film, l'on voit la voilure se déployer presque entièrement, moi qui était convaincu d'avoir "raté mon coup" ! Et l'on ne perçoit pas trop mes bredouillements ni mes bafouillages. Chapeau aux professionnels ! ...  à chacun son métier et ses talents.

 

TF-1-JT-13.h--2--018.JPG

Peinture des bottes et de la vareuse de l'un des marins-pêcheurs.  

 © TF 1, capture d'écran. 

 

Ensuite, encore une journée de travail, plus relax. Les voiles se gonflent, fardent mieux. Les deux pêcheurs, la ligne de casiers et les trois goélands animent la scène. Les oiseaux meublent l’espace laissé vide au dessus du foc et contribuent, avec le relief de l’eau, à créer l’effet de bonne marche du voilier.

 

Le reportage devait passer à l'antenne le week-end ou les jours suivants, mais le minutage, les impératifs et les imprévus inhérents à l'actualité ont contraint les animateurs à en repousser, comme souvent, la diffusion. Le 19 décembre, le Salon avait fermé ses portes et j'étais à Venise. Je ne l'ai vu qu'en différé sur mon ordinateur sur TF1 Replay. 


Merci à Matthieu Dupont et Alexandre Gaudin.

 

 

Descriptif 

 

La Brigitte est un cotre de Carantec construit en bois en 1960 au chantier Mevel, immatriculé à Morlaix MX300052, lettre clé U.

Ce bateau de travail, long de 6.55 m et large de 2.64 m au maître bau, pêche à la ligne et aux casiers jusqu’en 1975, année où il est motorisé et vendu au Club Nautique de l’Île de Batz pour son école de voile.

Revendu en 1997, il navigue depuis à la plaisance pour divers propriétaires.

En 2009, Gérard d’Aboville, président de la Fondation du Patrimoine Maritime et Fluvial et l’Amiral Georges Prud’homme, président de la Commission d’Agrément, le classent Bateau d’Intérêt Patrimonial. :

Cotre aurique typique de la baie de Morlaix,

Bordés en iroko sur membrures en chêne.

Mât, corne et bôme en pin du nord, haubans, étais et bastaques en câbles inox, lest en fonte.

Bateau ouvert défendu sur l’avant par une fargue, grand voile, foc, trinquette et flèche en dacron, surface environ 40 m².

Pick avant, rangements et pick arrière, hiloire et fargue en iroko, réservoir, moteur et batterie.

Moteur Renault coach diesel 30 CV, année 1975.

 

Sources ©  Martoloded Plougerne.  

Association de propriétaires de bateaux du Patrimoine (Plouguerneau, Finistère nord, Bretagne) 

Site internet http://martoloded-plougerne.com/brigitte.aspx 

 

 

Brigitte (1)

La Brigitte

 

 

Le Jouet des flots

Jouet-des-flots.-1.JPG

© Fondation du patrimoine Maritime et Fluvial.

 


Jouet des flots 2

Le plan dans son état d'usage.  Jean Le Bot met encore l'accent circonflexe sur le o de côtre.

L'usage s'en est aujourd'hui perdu.

 

Jouet des flots 5

 

Le plan relevé par Jean Le Bot a été publié en 1976 dans sont ouvrage "Les bateaux des côtes de la Bretagne nord, aux Editions des 4 Seigneurs, réédité en 1990 par Glénat.


L'auteur a aussi rédigé la monographie disponible à l'Association des Amis du Musée national de la Marine (AAMM)


Monographie AAMM

 

JOUET DES FLOTS    prix 31 €

 

Association des Amis du Musée national de la Marine

Musé national de la Marine

Place du Trocadéro

75116 Paris  

courriel : contact@aamm.fr

site web  http://www.aamm.fr/

 


Le JOUET DES FLOTS    Côtre de Carantec (1920)

 

Le Jouet des Flots a été construit par Jean Pauvy, charpentier naval à Carantec en mars 1920, pour Monsieur Simon pratiquant la pêche en baie de Morlaix. Cette région de la côte nord de la Bretagne est réputée pour ses courants de marée, ses vents et ses cailloux. 

Le type du côtre de Carantec, mis au point à la fin du XIXe siècle, est un canot de 4,50 m à 5,50 m, étrave droite, bonne tonture, voûte saillante, bon volume de carène et beaucoup de pied dans l'eau, ce qui assure une route sans dérive excessive et des virements de bord faciles. 
L'ensemble est animé par une voilure de côtre comprenant foc et trinquette, grand-voile et flèche. Ce dispositif permettait d'avoir un mât assez cout, la vergue de flèche étant apiquée dans le prolongement du mât. 

Le Jouet des Flots à été sauvé en 1970 et restauré. Aujourd'hui il continue à naviguer à la plaisance. 

Caractéristiques :

Longueur de flottaison : 7,45 m,
Longueur Hors-tout : 15,60 m.
Tirant d'eau AR : 1,37 m.
Maitre bau à la flottaison : 2,94 m.
Déplacement : 7,10 tx 


Construction du modèle : facile 

La monographie, établie à partir des relevés de Mr Jean Le Bot, est constituée de trois feuilles de plan au 1/10 et 1/20, d'une planche de 36 photographies et d'une notice. 

 

jouet-des-flots.-2.JPG

Le Jouet des flots

© Fondation du patrimoine Maritime et Fluvial.

 


La Brigitte 
La-Brigitte-copie-1.jpg

 A bord de la Brigitte en Baie de Morlaix :  Monsieur Christian Philippot, l'actuel propriétaire et son fils    ©  Martoloded Plougerne

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