F8DU - Vieille ampoule de TSF et petite histoire de radioamateur .
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F 8DU
Edmond Aubry dans sa station d'émission de Plainfaing, Vosges, en 1988.
Dans la copie agrandie d'un tube radio Philips des années 50, soufflée par Yves Borrel.
Sa première carte QSL*, exemplaire expédié le 19 février 1938 d'Issy-les-Moulineaux (Seine)
* Code Q : Système de communications en Morse basé sur des questions-réponses.
Exemples : QSO = demande de contact - QSL = accusé de réception - QPO et QRP = respectivement trafic à grande et à faible puissance .
YL = femme radioamateur - XYL = épouse d'un radioamateur (argot des radioamateurs) - QRP enfant - QRPP garçon.
La carte QSL est donc une carte postale d'accusé de réception échangée par les radioamateurs. Elle confirme la communication et en donne les caractéristiques techniques.
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Ses cartes QSL successives et ci-dessous, celle que je ai réalisée pour lui vers 1983
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Les dernières mentions sont les acronymes de ses nombreux diplômes que l'on retrouve épinglés à droite sur le mur.
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Quelques une des cartes QSL affichées par mon père durant 60 ans, les autres, très nombreuses, emplissaient des cartons entiers.
Reproductions aquarellées à l'échelle 1/10 ( environ 10 x 15 mm.)
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Sa médaille d'Honneur du REF (Réseau des Émetteurs Français) que j'ai insérée dans l'ampoule pour la fermer
Mon père est né en 1912 à Golbey près d'Epinal. Placé en apprentissage d'ébénisterie à 12 ans après son certificat d'Etudes, il rencontre à l'adolescence des amateurs passionnés de radio et devient "radio-écouteur" (SWL). Short Wave Listener - radioécouteur -
Le SWL pouvait, après un examen passé sur un émetteur alors obligatoirement de sa fabrication, obtenir une licence d’émission et devenir radioamateur.
On trouve sa trace sur Wikipédia (article « Système Nicola ») :
« Début de la transmission souterraine en France en 1927 dans les mines de Bruay.
Essai de transmission souterraine sur la bande des 160 mètres par des Radioamateurs : 8DU, l’abbé Galopin ; F8JF, Charles Pépin ; F8JN Robert Marcelin, et le SWL * Edmond Aubry qui sera F8DU. Essais d’antenne dipolaire, d’antenne cadre, d’antenne « long- fil » et essais d’électrodes dans le sol.
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la carte QSL de l'abbé Galopin qui semble avoir été son mentor.
En 1927, il avait 15 ans. Il devient bientôt radio-amateur ayant comme il se devait construit lui-même son émetteur et passé l'examen. Bientôt, il quitte le métier d'ébéniste pour devenir radio-électricien dans le service des communications des armées en tant que personnel civil, ce qu'il est resté jusqu'à la retraite. Il travaille jusqu'à la guerre dans les forts, notamment à Issy-les-Moulineaux où il assure la permanence du bon fonctionnement des transmissions radio de l'armée en 3/8 et, si besoin, la réparation rapide en cas de panne. Mobilisé, il est capturé sur les bords de la Loire mais parvient à s'échapper en traversant le fleuve à la nage et passe en Corse puis, démobilisé, revient à Paris. Jeune veuf, il se remarie après la guerre et mes parents s'installent Nancy où je suis né après ma sœur, mon père faisant des aller-retour Paris-Nancy à moto. La famille vint habiter Corbeil-Essonnes, puis Orsay en 1956.
Souvenirs d’un radioamateur (extrait)
« …… Nous fabriquons des bobinages sur air, nous utilisons une boucle de hertz, une charge fictive, un multimètre, accessoirement un récepteur permet certains contrôles pour lever le doute. Le châssis est en bois, on se retrouve bien comme « au bon vieux temps ».
En fait il y a 20 ans, ( jusqu’en 1989, n.G.A.) on trouvait encore une station OM comme en 1939. L’auteur à bien connu « F8DU » (silent key *) un très bon graphiste. Il habitait à Fraize (Vosges). *(silent key : radioamateur décédé. nGA).
Son émetteur OM tout à tubes toujours en fonctionnement dans les années 80 : c’était une étagère en bois (rack) sur chaque rayonnage (une planchette) un châssis avec tout en l’air : alimentation, pilote, driver, PA).
Le PA, une TT21 sous 1000 volts, l’antenne une Levy 2 x 7 m. qui venait se raccorder au coupleur « Mac Coy » avec des pinces « crocodile ». Au PA une grosse self en l’air en cuivre de 2 mm avec un primaire réglable avec des pinces « crocodile ».
Le manipulateur : une antique pioche « Western Electric » à socle bois vissée sur l’établi.
Le récepteur : un BC342 précédé d’un convertisseur à tubes 6AK5 pour le 14, 21, 28 Mégahertz.
Le point commun avec notre QRP pour changer de bande : F8DU changeait de bobine et pour régler la HF se servait de la « boucle de Hertz » à ampoule.
Si nous cherchons un autre point commun : un récepteur à conversion directe d’aujourd’hui n’est pas plus performant qu’un « 1V1 » à tubes d’hier, c’est à dire une HF, une détectrice à réaction, une BF.
Alors !… entre-nous, ne fait-on pas les QSO en CW avec un émetteur QRP et un récepteur à conversion directe dans les mêmes conditions qu’il y a 50 ans …. ! »
Article écrit en décembre 2001 pour le Radio Club de la Ligne bleue des Vosges par F6BCU - Bernard MOUROT - REMOMEIX 88 Vosges.
J'ai reconstitué sa station d'émission telle qu'elle était, archaïque mais encore performante, en l'adaptant au contenant qui l'enferme et la symbolise, et en respectant le capharnaüm qui y régnait, mais où il se retrouvait.
Les chiens ne faisant toujours pas des chats,
mon atelier ne vaut guerre mieux !
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